Les nombreuses découvertes de vestiges de villas, de monnaies, d'autels votifs, d'inscriptions divers sur le flanc nord de la Trévaresse ou, beaucoup plus récemment dans le quartier Régine,  témoignent d'une ancienne implantation romaine sur la commune du Puy-Sainte-Réparade.

Plus près de nous, entre le Xème et le XIème Siècle on peut situer une ébauche de peuplement assez dispersé. Les habitants sont plutôt retirés sur les hauteurs pour se protéger des invasions sarrasines. On les retrouve sur les collines isolées du Puech et sur celle de Félines un peu à l'écart de la chaîne de la Trévaresse.
 
 

Au XIème siècle on dénombre trois paroisses:

- Saint-Maurice du Puy
sur les lieux de l'actuelle paroisse de Sainte-Réparade
- Saint-André
au lieu dit "l'Église Vieille"
- Saint-Cannat de Félines

A la fin du XIème siècle les deux premières se fondent en une seule dénommée Sainte-Réparade

Au XIIème siècle les archevêques d'Aix-en-provence sont les seigneurs du Puy. Ils possèdent le château du Puy-Sainte-Réparade qu'ils fortifient et accroissent leurs possessions par des acquisitions sur le territoire environnant.

- En 1155 Pons de Lubières achète à Hugues d'Eguilles
ses domaines du Puy.
- En 1212 Gui de Fos acquiert des biens qu'il lègue
à l'archevêché et au chapitre.
- En 1268 le chapitre d'Aix donne l'église du Puy
à l'archevêque Vicedominis.
- A la fin du XIVème siècle, le château est mis sous séquestre par la cour royale pendant près de quarante années. Il est rendu à l'archevêque à la suite de l'union d'Aix en 1420.
 
 

C'est à partir de 1434, sous le règne de René d'Anjou, que le château du Puy connaît son apogée.
"le roi René"

L'église est, à cette époque, détentrice de multiples droits
et ressources:

- La dîme sur les récoltes et les troupeaux
- L'impôt sur le raisin
- Les droits de péages sur les bacs de la Durance
(Auparavant détenus par la maison des Baux au XIIIème siècle)

Elle entretient, embellit, et améliore le château du "Puech".
 
 

La mort du roi René en juillet 1480 accélère le lègue de la Provence
à la couronne de France.
 
 

En 1482, le roi Louis XI prend le titre de comte de Provence.
Ancien territoire du Saint Empire Germanique, la Provence devient partie intégrante du royaume de France.
"Louis XI"

Vers 1510, Le Puy subit comme beaucoup d'autres régions le fléau de la peste ainsi que le début des guerres de religion avec leur lot de désolations et de famines.
Il faut comprendre qu'à cette époque, le château du Puech commandait l'un des principaux passage de la Durance, ce qui l'exposait particulièrement.

En 1578, en pleines guerres de religion, le Château du Puy est assiégé pendant près de trois mois, et pris le 7 janvier 1579 par les deux principaux lieutenants du Comte de Carcès, Gaspard de Pontevès, grand sénéchal de Provence:

- Castellane la Verdières
de l'illustre maison provençale, gentilhomme ordinaire du roi Henri III
- de Varadier Saint-Andiol
originaire d'une famille consulaire d'Arles
 
 





De cette position idéale, de nombreuses expéditions de cavaleries furent préparées et dirigées vers Aix.
Des négociations auprès du Comte de Carcès et de Bezaudun le commandant du château, permettent à l'archevêque, le 7  juin 1579, de rentrer de nouveau en possession de son domaine.

Le château est assiégé 6 ans plus tard en 1585 par La Fontaine, sergent des troupes du baron de Vins qui s'est déjà assuré du château du Foussa à Rognes. En 1586, il subit les assaux des gens de Saint-Canadet, puis est l'objet de plusieurs sièges pendant les troubles de la Ligue.
 
 

Devant ces multiples tentatives, le parlement de Provence et le duc de Guise décrétèrent la démolition de la place forte sous prétexte qu'elle avait servi la cause du duc d'Epernon. La forteresse du Foussa à Rognes, les chateaux du Puech, de Saint-Paul les Durances, et de la tour de Beauvezet étaient concernés par la décision de destruction.
"le duc de Guise"

La décision fut maintes fois retardées, ce qui contraignit les Etats de Provence tenus à Aix en 1612 à confirmer la sentance. L'archevêché dut s'incliner et achever la démolition. Il ne resta finalement du château du Puech, qu'un amoncellement de ruines, quelques traces d'anciens remparts et de murs d'enceinte.
 
 

Les habitants quittèrent alors la hauteur pour s'établir sur un plateau en contre-bas, où l'on voit une source qui parait venir de la Trévaresse. Cette agglomération disparut par la suite et les habitants se dipersèrent dans divers hameaux:

- L'église vieille
- Les Gillis
- Les Goyrands
- Les Gay
- La Ferratière
- Les Thérics

Le groupe principal s'appelle La Bourgade:
Là fut construite l'église paroissiale sur le chemin de Rognes à Peyrolles.

Saint Cannat de Félines appartenait également aux archevêques d'Aix: Le domaine de Félines portait alors le titre de baronnie.

Après les guerres de la Ligue, une partie de la population groupée jusque-là à Félines, descendit dans la plaine et se groupa autour d'une église dédiée à Saint-Pierre aux Liens, en Provencal "San Peyre encadénat", d'où le nom Saint-Canadet.
On peut admettre également qu'on a voulu distinguer cette paroisse, dont l'ancien titulaire était Saint-Cannat, de l'autre paroisse plus grande située près d'Aix.

Cinq arrière-fiefs dépendaient de la seigneurie du Puy:

- Arnajon
- Costefrède
- Fonscolombe
- Fonvert
- Haute-Rive
- Pontleroy
 
 

Le Puy-Sainte-Réparade, commune du canton de Peyrolles en 1790, fut rattaché au canton de Rognes le 14 janvier 1791, devint chef-lieu de ce dernier canton le 2 nivôse an VI. C'est en l'an X (1802) qu'il redevint simple commune et fut rattaché au canton de Peyrolles.

Les ventes de biens nationaux portèrent sur des biens ecclésiastiques et sur les propriétés  de l'émigré Isoard Chénerilles.

De l'ancien château du Puy et de Félines, ne subsistent que des ruines, ainsi que de  la vieille église Saint-André.

L'église paroissiale du Puy ou église de l'Assomption, autrefois dédiée à Saint-maurice, date du XVIIème siècle.
 
 
 

L'église du Puy renferme un beau maître autel triple en bois doré en provenance des Augustins d'Aix, et un rétable avec le tableau de l'Assomption soutenu par les anges, attribué à Puget. La Chaire est également en bois doré.

On peut noter que l'église et le clocher ont beaucoup souffert lors du tremblement de terre de 1909.
 
 

A mi-côte du sommet de Sainte-Réparade, on trouve la chapelle du même nom  qui date du Xème siècle.

Elle a été réparée en 1677 et renferme une inscription mutilée du XIème siècle sur le mur latéral. L'on montait en procession le jour de l'ascension et le 8 octobre, fête de la Sainte.

L'église paroissiale de Saint-Canadet date de la fin du XVIIème siècle. On note un petit portail roman, et un campanile avec une cloche. Le maître-autel est orné d'un joli retable. Il existait aussi deux chapelles consacrées à Sainte Anne et à Saint Gilles qui ont complètement disparu.
 
 

Dans cette partie de la commune
on trouve:

- Le château de Fonvert
- Le château de Fonscolombe
- Les ruines du château de Félines.

Entrée de "Fonvert"
à St-Canadet


--- Mise à jour le 12/05/99 ---